Ce blog est destiné à donner des informations sur l'audience Ministère public contre Marafa Hamidou Yaya à propos de l'affaire BBJ-2.
Marafa
Le prisonnier légendaire du SED.
mardi 7 octobre 2014
jeudi 3 juillet 2014
La Santé de MHY.
Selon toute vraisemblance, l’ex-ministre de l’Administration
territoriale et de la décentralisation souffre d’insuffisance rénale. Il est
interné dans ce centre hospitalier sous haute surveillance depuis deux jours.
La
surveillance, difficilement discrète, autour du centre d’hémodialyse du Centre
hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé laisse perplexe. A l’entrée, au
premier niveau du Chu, deux éléments du Groupement polyvalent d’intervention de
la gendarmerie nationale (Gpign), armes aux poings et calés dans leur siège,
veillent discrètement. Dix mètres plus loin, un autre gendarme, pareillement
vêtu de noir que les deux premiers, fait tout pour ne pas attirer l’attention.
«
Qu’est-ce que la police fait dans un hôpital ? » questionne tout bas la visite
d’un malade. « C’est Marafa qui est là » lui répond une dame sur le ton de la
confession. Devant la porte 308 du centre, un autre gendarme, de vert vêtu
celui-là, pianote nerveusement sur son téléphone, essayant de gagner la partie
qu’il vient d’engager pour tromper l’ennui. Le couloir intérieur est vide et
les patients ne reçoivent que très peu de visites, ils sont gentiment
reconduits par l’infirmière qui garde l’autre entrée du centre.
Réanimation
Mais les trois visiteurs qui se
présentent se font insistants, ils veulent voir « l’honorable » qui y est aussi
interné. Derrière eux, deux hommes en tenue se présentent également. « Je suis
le médecin de la prison centrale, je voudrais voir monsieur [il hésite et
baisse le ton] Hamidou Marafa». Vêtu de la tenue de l’administration
pénitenciere, sans plaque patronymique, il est suivi d’un gendarme, attaché
case à la main. Il est déjà 17 heures passés de 23 minutes. L’infirmière qui
filtre les entrées conduira précipitamment le couple en direction de la chambre
308, tout en leur précisant que le malade est encore avec le major. Impossible
de voir à travers les vitres de la chambre recouverts de rideaux blancs
immaculés.
Un médecin contacté par Le Messager est
formel : ne sont admis dans un centre d’hémodialyse que les patients souffrant
d’une insuffisance rénale. Il précise que les visites médicales pour des
malades atteints de ce mal peuvent juste être de routine, car les reins ne
pouvant plus accomplir leur rôle d’évacuation des déchets du corps, il est
question de le faire artificiellement.
Mais qu’il peut également s’agir de cas
plus grave, par exemple lorsque le patient est admis en réanimation. La haute
surveillance de centre et la suspicion de l’équipe médicale ne permettent pas
de dire avec exactitude pourquoi l’ex-Minatd, incarcéré au Sed depuis mi-2012,
a été admis au centre d’hémodialyse du Chu, ni pour combien de temps il y
séjournera.
© Le Messager :
Ludovic AMARA
mercredi 28 mai 2014
Michel Thierry Atangana, «Marafa c'est du lourd aux États-Unis»
Selon l’ancien prisonnier
Franco-Camerounais, la mobilisation en vue de la libération de Marafa
Hamidou Yaya s’intensifie aux États-Unis. La participation de Paul
Biya au sommet États-Unis Afrique pourrait être compromise. Michel
Thierry Atangana en est convaincu: l’administration américaine est toute
entière acquise à la cause de Marafa Hamidou Yaya, incarcéré au Cameroun
pour des détournements de fonds qu’il a toujours niés, et désigné par la
communauté internationale comme un prisonnier politique.
Il en
a fait la révélation samedi 17 mai dans l’après-midi, en marge de la
deuxième manifestation parrainée par la journaliste Valérie Trierweiler
sur l’esplanade du Trocadéro à Paris, en faveur de la libération
des 223 lycéennes enlevées au Nigeria par la secte islamiste Boko
Haram.
«A la
fin de la manifestation, alors que la foule se dispersait, je me suis
retrouvé face à face avec M. Atangana», indique Joël Didier Engo,
Porte-parole du comité de libération des prisonniers politique du
Cameroun (CL2P), qui avait été l’une des cheville ouvrière du
comité français de soutien à l’ex-prisonnier franco-camerounais, mais ne
l’avait pas revu depuis son arrivée en France peu après sa libération en
février dernier.
Michel
Thierry Atangana lui a alors fait savoir qu’il revenait d’un voyage aux
États-Unis pour remercier les membres de l’administration américaine qui
avaient œuvré pour que le statut de prisonnier politique lui soit
conféré par leur pays. Accompagné de l’activiste des droits de
l’homme Dominique Sopo, qui ne le quitte plus d’une semelle depuis
sa libération, ils s’étaient rendus au Département d’État, l’équivalent
américain du ministère des Affaires étrangères, où ils avaient eu
l’opportunité de rencontrer l’ancien ambassadeur des États-Unis au
Cameroun, Robert Pete Jackson, ami personnel de M. Marafa, et d’autres
personnalités.
C’est
la situation de l’ancien ministre d'État camerounais de l’Administration
territoriale aujourd’hui détenu au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED)
de Yaoundé qui a curieusement dominé les entretiens, à en croire
M. Atangana, très fier du selfie (photo) réalisé avec M. Jackson sur son téléphone portable.
«Marafa aux Etats-Unis c’est du lourd, rien à voir avec ce qui se
passe ici», va-t-il commenter.
«Tout
est en train d’être mis en œuvre pour qu’il devienne du lourd en France
également. Nous travaillons à la coordination de tous les réseaux de
soutien à Monsieur Marafa avec en ligne de mire la conférence
Etats-Unis-Afrique en août», lui a répondu Joël Didier Engo.
Le
voyage de Paul Biya aux Etats-Unis sérieusement compromis?
Peu
avant la manifestation du Trocadéro, accompagné de Jeannette Marafa,
l’épouse de célèbre prisonnier du SED à Yaoundé, Joël Didier Engo avait
en effet rencontré Me Jean-Pierre Mignard l’un des avocats français de Marafa Hamidou Yaya, pour évoquer sa défense.
Ce ténor du barreau parisien, camarade de parti du porte-parole du CL2P n’est pas n’importe qui. Il est à
la fois un ami intime de François Hollande dont il est le parrain de
l’un des fils, et l’avocat du président français, qui le consulte sur tous les sujets importants.
« Nous
avons convenu avec Me Mignard, de concert avec son confrère qui suit l’affaire aux États-Unis, que le lien
sera établi ces jours-ci avec les membres du
Marafa Watch,le comité de soutien américain, afin de mobiliser tous les
réseaux, au Congrès, au Département d’État, à la
Maison Blanche... Dans la seule optique que Paul
Biya ne mette pas les pieds à la conférence États-Unis Afrique,tant
que M. Marafa reste séquestré au SED », laisse entendre M. Engo.
Lors
d’une conférence de presse qui se tiendra dans une quinzaine de jours au cabinet parisien de Me Mignard,
toutes ces démarches seront
expliquées devant la presse française
et internationale.
©
Correspondance de : René Dassié
Paru
le Samedi 24 Mai 2014 18:53:31Lu : 3329 fois
mardi 15 avril 2014
MARAFA HAMIDOU YAYA : UN LION EN CAGE QUI RUGIT HAUT
16 avril 2012-16 avril 2014.
Voilà 2 ans que l’ancien ministre et proche collaborateur de Paul Biya est
reclus au secrétariat d’Etat à la défense pour détournements de deniers
publics. Mais pour Marafa Hamidou Yaya, ce sont ses ambitions politiques qui ont
fini par le perdre. Conséquence, depuis son incarcération, il refuse de se
taire et porte de grands coups de griffe à un sérail camerounais sensible à ses
sorties médiatiques. Chronique de deux années d’une déchéance qui semble n’en
être pas une.
9 décembre 2011.
A la faveur d’un remaniement ministériel,
Marafa Hamidou Yaya est éjecté du gouvernement. Ainsi sonne le glas de 20 ans
de carrière administrative au cours de laquelle le natif de Bibemi, à Garoua
(nord), a servi tour à tour comme secrétaire d’Etat aux Finances, conseiller
spécial à la présidence, secrétaire général à la présidence et ministre de
l’Administration territoriale (Minatd). Alors que se referment les portes de la
gloire, celles de la descente aux enfers ne tarderont pas de s’ouvrir à cet
ingénieur pétrochimiste de 62 ans formé à l’Université de Kansas, aux
USA.
Dès janvier 2012, à Garoua, les fins limiers de la Direction
Générale de la Recherche Extérieure (une branche des services secrets
camerounais rattachée à la présidence de la République) entreprennent de
cuisiner certains hommes politiques du Nord proches de Marafa. Non pas au sujet
de l’affaire de l’achat de l’avion présidentiel dans laquelle il est
impliqué. Mais à propos de leur réaction et de leur sentiment suite à la sortie
du Gouvernement de l’ex-Minatd (Cf L’Œil du Sahel N°464 du 23 janvier 2012).
Notons que d’après un câble diplomatique révélé par Wikileaks en 2010,
l’ex-Minatd aurait révélé ses ambitions présidentielles aux diplomates
américains accrédités à Yaoundé. Ce déploiement des services de renseignement
intervient au moment où une descente de Marafa est prévue dans les prochains
jours à Garoua.
Le 9 février 2012,
soit deux mois après sa sortie du
gouvernement, Marafa est accueilli en héros à Garoua. Près de 2 000
personnes pour lui offrir un accueil chaleureux. Une démonstration de force à
ceux qui le croyaient politiquement mort, analyse certains observateurs. Mais
peu importe. Le Prince de Bibemi fait l’objet d’une surveillance policière de
tous les instants. Un journal local proche du pouvoir de Yaoundé (La Météo) va
rapporter qu’après le rendez-vous de Garoua, Marafa a regagné
précipitamment Yaoundé sur ordre de Martin Mbarga Nguele, le Délégué général à
la Sureté Nationale (patron de la police). Mais pour ses proches, il n’en est
rien. Courant mars 2012, Marafa éconduit la douzaine de policiers en
faction à son domicile au quartier Melen, à Yaoundé. Mais l’étau
sécuritaire, lui, se serre, se serre. Dans son édition du 11 au 17 mars 2012, le
magazine panafricain basé à Paris, Jeune Afrique, va, à sa une, présenter
Marafa Hamidou Yaya comme « un dauphin en eaux troubles ».
Arrive donc le 16 avril 2012.
L’ancien secrétaire général à la
présidence est convoqué chez le juge d’instruction près le tribunal de grande
instance de Yaoundé, le très redouté Pascal Magnanguemabe. Quelques heures
d’interrogatoire et Marafa Hamidou Yaya est inculpé de « détournements de
deniers publics ». Il sera immédiatement écroué à la prison centrale de
Yaoundé-Kondengui. Dès l’annonce de son arrestation, c’est le deuil à Garoua.
Le lendemain, 17 avril 2012, les partisans de Marafa au sein du parti au
pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, décident de
boycotter la cérémonie d’installation du nouveau gouverneur du Nord, Otto
Wilson. Un mouvement dénommé Jeunesse arc-en-ciel du Septentrion voit le jour
dans cette localité. Son porte-parole, Mocktar Oumarou, va déclarer dans les
colonnes du journal Le Messager : « Biya s’acharne sur les nordistes. Le combat
commence ». Des propos qui ont le don de mettre les services de sécurité et de
renseignement sur les dents. Ces derniers vont se mettre aux trousses du jeune
leader politique.
Les lettres de Marafa
2 mai 2012.
Quelques semaines après son incarcération, Marafa
Hamidou Yaya décide de rompre le silence. Dans une première lettre qu’il
adresse au chef de l’Etat, on en apprend des tonnes. A titre d’exemple : «
Cette indépendance d’esprit m’avait permis de vous dire, après l’élection
présidentielle de 2004, que ce septennat devrait être le dernier pour vous et
que nous devrions tous nous mobiliser pour le succès des « grandes ambitions »
afin que votre sortie de la scène politique se fasse avec fanfare, que vous
jouissiez d’un repos bien mérité, à l’intérieur de notre pays ». Tiens ! tiens
! « Est-ce donc la raison de la déchéance » ?, se demandent quelques uns. L’on
est tenté de répondre par l’affirmative. La saga épistolaire de Marafa se
poursuit de plus belle avec la 2e lettre à Paul Biya publié le 13 mai
2012.
Ici, ce qui n’était alors que de simples rumeurs et supputations
est révélé au grand jour par le concerné : « je suis porteur d’un projet
mettant en avant les exigences de PAIX et de JUSTICE permettant de bâtir une
société de confiance ».Voilà qui est dit. Et bien dit
Au sein de l’opinion, on blâme les sorties tardives de Marafa :
« Pourquoi en parles t-il seulement maintenant ? Où était-il pendant tout ce
temps ? ». D’autres vont même jusqu’à dire : « il devrait s’expliquer sur ce
qui l’amène en justice, pas sur ses supposées ambitions politiques ». Marafa
semble avoir été sensible aux préoccupations de cette dernière catégorie de
l’opinion. Sa 3e lettre aux Camerounais datée du 24 mai 2012 portera justement
sur l’affaire de l’avion présidentiel. Il choisi naturellement de se dédouaner
: « Je ne sais ni quand ce détournement a eu lieu, ni sur quoi il porte, ni de
quel montant il s'agit, ni qui en est l'auteur principal, ni quels sont les
complices. Je présume qu'il s'agirait de l'affaire relative à l'acquisition
d'un avion pour les déplacements du président de la République, pour laquelle
le juge d'instruction aurait été instruit de m'imputer une indélicatesse et
pour laquelle il avait rendu une ordonnance de disjonction en janvier 2010 et
dont j'ai eu connaissance …s'il s'agit effectivement de cela, je réitère
solennellement mon innocence ».
Pour le pouvoir de Yaoundé, la plaisanterie de mauvais goût a
assez duré. Il faut sortir l’artillerie lourde pour exploser les révélations
fracassantes de Marafa Hamidou Yaya qui ne cesse de déshabiller
publiquement le système en place. Ce sera fait dans l’Action, le journal de
propagande du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au
pouvoir. Dans son édition n° 848 du 30 mai 2012, le journal du Rdpc (dont
Marafa est encore membre du bureau politique) mobilise sa rédaction, des
avocats et quelques experts pour rappeler à Marafa qu’il « n’est pas Kafka »,
que sa 3e lettre n’est qu’un « faux fuyant », qu’il est un « homme d’Etat dans
la rue », qu’il « gagnerait à faire profil bas » et qu’il met en péril « le
secret de l’information judiciaire ». « Écrira bien qui écrira le dernier »,
défie le sémillant Christophe Mien Zock, le directeur du journal. Alors que le
sérail est dans tous ses états, Marafa Hamidou Yaya qui, entre temps, à été
transféré dans une cellule du secrétariat d’Etat à la Défense (sièg de la
gendarmerie camerounaise), mijote silencieusement et secrètement les contours
de sa 4e lettre qui s’annonce riche en révélations explosives.
Le 4 juin 2012,
4e lettre au Chef de l’Etat. Cette autre
correspondance de l’ex-Minatd revient sur les transactions maffieuses entre
Transnet, une société sud-africaine et de hauts responsables camerounais. La
société sud-africaine avait, en 1994, reçu pour mission d’assurer la
maintenance des avions de la Cameroon Airlines (Camair). D’après la
correspondance, Transnet aurait versé des pots-de-vin à des autorités
camerounaises et sa négligence a entrainé le crash d’un avion de la Camair en
décembre 1995. Parmi les personnalités citées dans ce scandale, se trouvent le
ministre des Transports de l’époque (aujourd’hui ministre de la Communication)
Issa Tchiroma Bakary et l’actuel conseiller juridique à la présidence et proche
parent de Paul Biya, Jean Foumane Akame. Ce dernier, mis en cause par la lettre
de Marafa, aurait perçu dans son compte à la Société Générale de Paris plus de
30 milliards de F Cfa représentant les indemnisations versées par Transnet à l’Etat
du Cameroun suite à ce crash. Feu à volonté ! Les semaines qui suivront seront
de pure folie. La presse nationale fait large écho de ce scandale. Les
lieutenants du pouvoir en place ne tarissent pas de démentis vis-à-vis de ces
nouvelles révélations sur les chaines de radio et télé locales.
En pleine session parlementaire, l’Assemblée Nationale demande
des comptes. Le ministre Issa Tchiroma multiplie des conférences de presse pour
se dédouaner de ces accusations. La presse à gage (généralement proche du
pouvoir) ne dort pas non plus. Elle s’en ira fouiller dans les supposés
penchants homosexuels de l’ex-ministre d’Etat en publiant des listes des «
hommes-femmes de Marafa », des membres du « club homo de Marafa ». Pendant ce
temps, des tracts appelant à la libération de Marafa circulent à travers le
pays. A la 4e lettre, alors qu’il est déjà fixé sur la date de son
procès, Marafa décide de ranger sa plume. En attendant que la justice le
fixe sur son sort.
Le procès de Marafa
16 juillet 2012.
Le procès de Marafa Hamidou Yaya et Cie s’ouvre
au tribunal de grande instance (Tgi) de Yaoundé. Une foule nombreuse, composée
de curieux et hommes de médias, est massée à l’entrée principale de la salle
d’audience. Les forces de l’ordre (policiers et gendarmes) sont présentes.
Autour de 11h, un car de la gendarmerie se gare devant la cour. Marafa et ses
co-accusés (l’homme d’affaire Yves Michel Fotso et la banquière Julienne
Kounda) en sortent. Youyous et tonnerre d’applaudissements de la foule qui
scande « Marafa, président ! Marafa, président ! ». Ces ovations vont également
accompagner Marafa à sa sortie du tribunal. Le pouvoir, qui n’aurait sans doute
pas apprécié ce bain de foule offert à l’ex-Minatd, décide de sortir le muscle
sécuritaire. Mais en vain. Puisque le 24 juillet 2012, jour de la deuxième
audience, la foule gagne en immensité. Elle scande « prési (président !, ndlr)
libérez, prési liberez ! ». Pour se dérober de la foule hystérique, l’escorte
de Marafa est obligée de passer en catimini par une issue à l’arrière du Palais
de justice. Le pouvoir se rend compte que Marafa vient de conquérir les cœurs
d’une bonne frange de l’opinion et décide de monter plus haut.
A l’audience du 30 juillet, pas l’ombre d’un chat à l’entrée du
tribunal pour acclamer Marafa. Les services de sécurité ont reçu l’ordre d’y
empêcher tout attroupement. Toutes les entrées du Tgi du Mfoundi sont filtrées
par les forces de l’ordre. Il faut montrer patte blanche pour y accéder.
Curieux déploiement sécuritaire tout de même pour un prisonnier de droit
commun. Le 21 septembre 2012.
Jour du verdict. Le tout Yaoundé sécuritaire se
déporte au tribunal. L’axe qui relie la « Sonel Central » au Musée National en
passant par le Palais de justice est coupé à la circulation par les forces de
l’ordre. Une bonne partie de la presse désireuse de couvrir le procès est
éconduit par les forces de l’ordre (y compris votre humble serviteur qui verra
sa carte d’identité et son block note retenus par des gendarmes). Le 22
septembre 2012, au petit matin, le verdict tombe. 25 ans de prison pour Marafa
: « je suis déçu mais pas vaincu !» crie l’accusé. Autrement dit, « mes
ambitions politiques restent intactes et mon activité épistolaire va se
poursuivre ». Le 8 octobre 2012, dans une autre lettre, Marafa remercie le
peuple camerounais pour le soutien à son endroit et qualifie sa condamnation «
d’inique ».
La reconnaissance internationale
La reconnaissance internationale
Dès le début du mois de janvier 2013, Marafa troque les colonnes
de journaux camerounais contre des tribunes dans la presse internationale.
C’est ainsi que le 12 janvier 2013, l’ex-Minatd va accorder un entretien au non
mois célèbre Assane Diop du site d’information slate.fr et de Radio France
internationale. Dans cette interview, Marafa affirme s’agissant de son procès que
« le tribunal ne m’a trouvé coupable d’aucune malversation …mon procès est
politique » et au sujet de la gouvernance de Paul Biya, il déclare que : « à
chaque fois, au cours de ces 30 ans, que Paul Biya a eu à choisir entre la
modernisation politique et économique de notre pays, avec les risques de
perturbations inhérents à cette démarche, et l'immobilisme garant, selon lui,
de la paix civile, il a choisi l'immobilisme ». Panique à bord ! Marafa vient
une fois encore de donner un grand coup de pied dans la fourmilière.
La réaction ne va pas tarder. Dans son édition du 15 janvier 2013, Cameroon
Tribune, le quotidien gouvernemental titre (à sa grande Une, s’il vous plaît !)
: « Interview de Marafa : Diversion ». Dans un article, l’éditorialiste Essama
Essomba, écrit ce qui suit : « Cette communication et cette instrumentalisation
visent surtout à distraire. Loin de la préoccupation essentielle du justiciable
de préparer la défense de sa cause devant les tribunaux, notamment en appel, il
se présente comme la victime expiatoire des maux à lui imputés par le régime en
place. De surcroît, il entend détourner l'attention de ceux des Camerounais
attelés à travailler pour gagner le pain quotidien… ».
Mais n’empêche. L’opinion internationale commence à s’intéresser
de très près au cas Marafa Hamidou Yaya. En juin 2013, l’ambassadeur des USA au
Cameroun de l’époque, Robert P. Jackson rend visite à l’ex-Minatd au Sed. Le
mois suivant, le rapport 2012 du département d’Etat américain sur les
droits de l’homme au Cameroun fait de lui un « prisonnier politique ». De quoi
faire grandir sa côte politique et inquiéter ses contempteurs, au point que la
sécurité de ses proches en prend un coup. C’est ainsi qu’en janvier 2014, le
corps de sa secrétaire particulière de longue date, Christine Soppo Mbango, va
être retrouvé sans vie à son domicile au quartier Bastos à Yaoundé. Dans une
lettre publiée récemment, Marafa conclura à un « assassinat politique ».
Comme quoi, le chemin qui mène aux portes d’Etoudi est aussi
long que parsemé d’embûches. Alors, patience, monsieur le ministre
d’Etat!
© Correspondance particulière : Michel Biem Tong
vendredi 6 décembre 2013
Message de Condoléances aux Sud Africains.
"C'est avec beaucoup tristesse que j'ai appris le décès de l'ancien Président sud-africain Nelson Mandela, le Père de la lutte contre l'apartheid et mythe universel du combattant pour la liberté.
Je m'incline avec respect devant la dépouille de ce grand homme qui a su vaincre sans haine et réconcilier une nation autrefois si divisée.
J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à l'ensemble des Sud-Africains.
Nelson Mandela est et restera un modèle pour nous tous et notamment le symbole de l'Afrique digne, fraternelle, ouverte au monde et fidèle à ses valeurs et à ses convictions." Marafa Hamidou Yaya.
Je m'incline avec respect devant la dépouille de ce grand homme qui a su vaincre sans haine et réconcilier une nation autrefois si divisée.
J'adresse mes plus sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à l'ensemble des Sud-Africains.
Nelson Mandela est et restera un modèle pour nous tous et notamment le symbole de l'Afrique digne, fraternelle, ouverte au monde et fidèle à ses valeurs et à ses convictions." Marafa Hamidou Yaya.
mercredi 27 novembre 2013
L’intégralité de la déclaration de Marafa Hamidou Yaya avant la sentence du Juge.
Monsieur le président,
En
conclusion, je souhaite prononcer moi-même quelques mots à l’appui de ma
requête. Ces mots, vous me permettrez de les emprunter en partie à une autorité
qui n’est autre que le Premier président de la Cour suprême. Le 26 février
2009, je n’ai pas eu le privilège d’être présent pour l’entendre délivrer
l’allocution de rentrée solennelle de la Cour suprême. J’étais en tournée dans
le pays pour installer les délégués du gouvernement auprès des communautés
urbaines. Cependant, cette allocution avait frappé les esprits, et j’en avais
lu le texte attentivement. Le propos du premier président de la Cour suprême
m’avait profondément marqué à l’époque, par sa clarté, sa justesse mais aussi
l’évidence qu’il était inspiré par une foi profonde. Foi dans l’utilité de la
réforme du code de procédure pénale qu’il décrivait et dans les principes que
la réforme illustrait. Depuis ma condamnation, de nombreux passages de son
allocution me sont revenus et restés à l’esprit.
L’un
de ces passages concernait la légalité des peines. Citant le juriste italien
Beccaria, le premier président avait insisté sur la nécessité, pour qu’une
peine soit légale, que le délit soit constitué selon les principes de la
responsabilité pénale et que la sévérité du châtiment soit déterminée selon les
dispositions du code pénal. Ma condamnation a été prononcée sans preuve, ou
plutôt malgré des preuves indubitables établissant que je n’avais profité
d’aucune manière de l’achat de l’avion présidentiel et que je m’étais même
opposé à la sortie des fonds. Le délit de «complicité intellectuelle» auquel
correspond cette condamnation, a été inventé pour l’occasion. Quant à la
sévérité du châtiment, ma peine est de 25 ans d’emprisonnement, ce qui, à mon
âge, équivaut à un emprisonnement à vie. Je ne veux pas approfondir la question
du caractère inexpugnable de mon innocence, mes conseils l’ont fait en détail,
et toutes les parties la reconnaissent.
Un
autre passage concernait spécifiquement l’usage de la détention provisoire. Ma
condamnation faisant l’objet d’un pourvoi en cassation, pour lequel
l’instruction n’a pas été ouverte, elle a ce caractère provisoire. Qu’a dit le
premier président de la Cour suprême lors de son allocution ? Je le cite : «
Sous l’empire du code d’instruction criminelle (qu’à remplacé le code de
procédure pénale entré en vigueur en 2007), cette détention relevait davantage
de la politique répressive et de l’opportunité. (…) (Dans le nouveau code),
elle a pour but de préserver l’ordre public, la sécurité des personnes et des
biens ou d’assurer la conservation des preuves. » Là encore, mes conseils ont
établi qu’aucun de ces cas de figure ne s’applique de quelque manière que ce
soit à ma situation. Qui oserait sérieusement me désigner comme représentant
une menace pour l’ordre public ? Pour la sécurité des biens ? Pour celle des
personnes ? Non, ma détention provisoire a bien le caractère répressif et d’opportunités,
déplorées par le premier président de la Cour suprême.
Mais c’est un dernier passage sur lequel je veux insister. Votre premier président, parlant des devoirs des magistrats, a dit dans son allocution : « la loi, quelle qu’elle soit, a un caractère impersonnel et transcende les contingences liées à la catégorie des individus.» Il ajoutait, citant d’Alembert : « Les magistrats dans quelques circonstances et pour quelque grand intérêt de corps que ce puisse être, ne doivent jamais être que magistrats, sans parti pris et sans passion comme les lois qui absolvent et punissent sans aimer ni haïr ». J’ai confiance que, face à un condamné innocent aux yeux de ses accusateurs eux-mêmes, maintenu dans une détention provisoire que ne justifie aucun des cas prévus par la loi, vous agirez sans parti pris et sans passion, en considérant que ma requête doit objectivement être acceptée. Comment puis-je avoir cette confiance, sachant quelles pressions pèsent sur vos épaules, notamment celle du pouvoir politique ?
Mais c’est un dernier passage sur lequel je veux insister. Votre premier président, parlant des devoirs des magistrats, a dit dans son allocution : « la loi, quelle qu’elle soit, a un caractère impersonnel et transcende les contingences liées à la catégorie des individus.» Il ajoutait, citant d’Alembert : « Les magistrats dans quelques circonstances et pour quelque grand intérêt de corps que ce puisse être, ne doivent jamais être que magistrats, sans parti pris et sans passion comme les lois qui absolvent et punissent sans aimer ni haïr ». J’ai confiance que, face à un condamné innocent aux yeux de ses accusateurs eux-mêmes, maintenu dans une détention provisoire que ne justifie aucun des cas prévus par la loi, vous agirez sans parti pris et sans passion, en considérant que ma requête doit objectivement être acceptée. Comment puis-je avoir cette confiance, sachant quelles pressions pèsent sur vos épaules, notamment celle du pouvoir politique ?
Parce
que je sais que, fidèles aux principes défendus par votre premier président,
fidèles donc à votre conscience de magistrats, vous ne vous laisserez pas «
corrompre par la peur » selon l’expression d’Aung San Suu Kyi. Monsieur le
président, Madame et Monsieur les juges, je m’en remets à votre décision.
Yaoundé, 26 novembre 2013
Yaoundé, 26 novembre 2013
Marafa H. Yaya hier à la Cour Suprême.
MA DÉTENTION A BIEN LE CARACTÈRE RÉPRESSIF
Il était sensiblement 11 heures
49 minutes lorsque l’ancien patron de la territoriale a été appelé à la barre.
Aussitôt, après les formalités d’usage, le président de tribunal a passé la parole aux avocats de l’accusé pour qu’ils puissent planter le décor
Après formulation de sa demande de mise en liberté
provisoire... La Cour suprême maintient Marafa en prison.Aussitôt, après les formalités d’usage, le président de tribunal a passé la parole aux avocats de l’accusé pour qu’ils puissent planter le décor
L’ex-secrétaire
général de la présidence de la République, puis ministre d’Etat en charge de
l’Administration territoriale et de la décentralisation, Marafa Hamidou Yaya, a
été débouté à la suite de sa demande de mise en liberté provisoire formulée
auprès de la chambre spécialisée de la Cour suprême. C’était à l’issue de
l’audience d’hier, mardi 26 novembre 2013.
Plusieurs
personnalités condamnées dans le cadre de l’opération épervier se sont
présentées à la salle d’audience de la Cour suprême hier, mardi 26 novembre
2013. Marafa Hamidou Yaya, ancien secrétaire général de la présidence de la
République, puis ministre d’Etat en charge de l’administration territoriale,
condamné à 25 années de prison par le tribunal de grande instance du Mfoundi
pour coaction de détournement des deniers publics dans le cadre de l’achat
foireux d’ un avion présidentiel ; Emmanuel Gérard Ondo Ndong, ancien directeur
général du Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale
(Feicom), condamné à 35 ans de prison pour détournement des deniers publics ;
Michel-Thierry Atangana, Franco-camerounais, incarcéré depuis bientôt 18 ans
dans une cellule du secrétariat d’Etat à la défense (Sed) ; Edzoa Titus ancien
secrétaire général de la présidence de la République lui aussi détenu au Sed
depuis presque 18 ans. Mais aussi, Jean Louis Edou Nkolo, l’ancien trésorier
payeur général de Douala condamné à vie par le tribunal de grande instance du
Wouri pour détournement de déniers publics en coaction avec Sala Fru James et
Toukour Mohamed (en fuite). Des collaborateurs d’Emmanuel Gérard Ondo Ndong
étaient aussi présents dans cette salle d’audience bondée de monde.
Après
un débat houleux, la requête de Marafa Himadou Yaya a été jugée recevable sur
la forme, mais rejeté sur le fond. Par la même occasion, le président de la
collégialité a condamné l’ancien secrétaire général de la présidence de la
République aux dépends. Avant cette sentence, le conseiller rapporteur a pris
la parole pour indiquer que la requête est recevable sur la forme, parce que le
requérant à déjà introduit un pourvoi auprès de la Cour de cassation, comme le
recommande l’article 516 du code de procédure pénal. Mais sur le fond, il
soutient l’irrecevabilité par le fait que le mandat d’incarcération signé du
président du tribunal de grande instance rend caduque le mandat de détention
provisoire émis par le juge d’instruction.
Contre arguments
Ce
qui est fortement contesté par Me Abdou Baguy, l’avocat conseil du prince de
Garoua. Pour celui-ci, Marafa Hamidou Yaya continue de clamer son innocence. Il
cite les dispositions de l’article 554 du code de procédure pénale pour
indiquer que c’est lorsque la décision aura été définitive et que le condamné
n’aura plus aucun moyen de recours que son sort sera définitivement scellé.
Pour cet avocat au barreau du Cameroun, la détention préventive est une mesure
exceptionnelle. Son client n’ayant jamais représenté une menace, il plaide donc
pour sa mise en liberté provisoire. Me Monthé, un autre avocat conseil de
l’ex-Minatd le suit d’ailleurs dans cette logique, sollicitant aux juges de ne
pas être des pourvoyeurs de l’enfer, mais plutôt, des porteurs de la liberté.
Celui-ci soutient mordicus qu’il s’agit d’un procès politique et non pas d’une
affaire ordinaire, et souhaite que les juges fassent preuve d’indépendance.
Le
cas du délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Bamenda est
d’ailleurs évoqué comme jurisprudence. Lui qui a été condamné, mais qui après
avoir formulé une requête a été mis en liberté provisoire en attendant la
sentence définitive de la Cour de cassation. Tout cet argumentaire est
refoulé par l’avocat général qui estime que l’Etat ayant crée une prison
secondaire logée au Sed, et où est incarcéré Marafa, la requête n’a logiquement
aucune raison d’être. Il s’associe ainsi à la proposition du conseiller
rapporteur. Et après une déclaration pleine de signification donnée par l’accusé,
le juge déboute le requérant, le renvoyant ainsi dans sa cellule de la prison
secondaire. De la maison d’arrêt du camp de la gendarmerie.
mardi 26 novembre 2013
Marafa sollicite la liberté provisoire!
L'ex-secrétaire
général de la présidence de la République, puis ministre d'Etat en charge de
l'Administration territoriale et de la décentralisation, Marafa Hamidou Yaya,
est attendu à la Cour suprême demain mardi, pour défendre sa demande de mise en
liberté provisoire.
A
l'ouverture de cette affaire le mardi 29 octobre 2013, Marafa Hamidou Yaya
s'était fait représenter à l'audience de la cour suprême par l'un de ses
conseils.
L'affaire avait
alors été renvoyée au mardi 26 novembre. Demain, l'ancien secrétaire général de
la présidence de la République, puis ministre de l'administration territoriale
et de la décentralisation pourrait être personnellement présent à la barre, pour
défendre sa demande de mise en liberté provisoire. Car il estime qu'il est
«injustement détenu dans les locaux de la gendarmerie nationale de Yaoundé
depuis le 16 avril 2012. L'on comprend donc aisément pourquoi Yves Michel Fotso
et les autres personnes condamnées dans le cadre de cette affaire de l'achat de
l'avion présidentiel ne seront pas à la barre demain.
Car il s'agit d'une
initiative personnelle, n'ayant rien à voir avec le pourvoi en cassation
formulé à l'issue de la sentence prononcée par jugement N°445/Cim, rendu les 21
et 22 septembre 2012 par le tribunal de grande instance du Mfoundi statuant en
matière criminelle et en premier et dernier ressort. Le prince de Garoua trouve
cette sentence inique et demande sa mise en liberté provisoire. Ses avocats-conseils
soutiennent que «le requérant, convaincu de son éclatante innocence, qu'il a
d'ailleurs clamée énergiquement tout au long de ce funeste procès, a tout
naturellement formé pourvoi en cassation dans les délais requis contre le
susdit jugement par déclaration portant le numéro 4 enregistrée au greffe du
tribunal de grande instance du Mfoundi le 24 septembre 2012 ainsi que par
lettre reçue et déchargée au greffe de la Cour suprême le 24 septembre 2012
sous le numéro 1469».
Ils avancent
l'article 502 alinéa 2 du code de procédure pénale pour soutenir la demande de
leur client. En parcourant ce code, l'on constate que cet article 502 stipule
que Le pourvoi en cassation n'a pas d'effet suspensif, notamment en ce qui
concerne:
a)le mandat décerné
ou confirmé par la Cour d'appel continue de produire ses effets;
b)les mesures de
surveillance judiciaire ordonnées ou confirmées par la Cour d'appel continue de
produire leurs effets ;
c) en cas
d'acquittement ou de condamnation par la Cour d'appel, soit une peine
d'emprisonnement assortie de sursis, soit à une peine d'amende, ou lorsqu'il y
a condamnation à une peine d'emprisonnement dont la durée est inférieure ou
égale à la durée de la détention provisoire, le demandeur au pourvoi détenu est
immédiatement libéré, sous réserve des dispositions de l'article 393.
2) toutefois, le
demandeur au pourvoi peut saisir la Cour suprême d'une demande de suspension de
mesures de surveillance ou en mainlevée du mandat.
L'issue du procès
qui s'ouvre véritablement demain nous permettra de savoir si oui ou non, les
magistrats de la haute juridiction remettront la liberté à l'un des prisonniers
les plus célèbres du Cameroun.
Marafa devant la Cour suprême ce Mardi 26 Novembre 2013
L'ex-ministre
d'Etat, condamné à 25 ans de prison, veut faire casser un mandat de détention
provisoire.
L'ancien ministre d'Etat en
charge de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (Minadt),
Marafa Hamidou Yaya, sera demain face au premier président de la Cour suprême
dans le cadre d'une requête aux fins de mainlevée du mandat de détention provisoire
émis à son encontre le 16 avril 2012 par le juge d'instruction du tribunal de
grande instance du Mfoundi. Cette requête a été introduite par ses avocats,
Patrice Monthé et Abdoul Bagui.
Condamné en
septembre 2012 à 25 ans d'emprisonnement par le tribunal de grande instance du
Mfoundi pour détournement en coaction de 24 milliards de FCFA, il semble décidé
à aller au bout de ses ressources pour démontrer la justesse de sa cause.
Dans cette nouvelle
bataille judiciaire et selon ses défenseurs, l'ancien dignitaire du régime de
Yaoundé réitère ses déclarations selon lesquelles il n'était pas encore
secrétaire général de la présidence de la République en mai 1995, au moment où
se prenait la décision d'acquisition d'un avion pour les déplacements du Chef
de l'Etat (le Boeing Business Jet II). M. Marafa rappelle, entre autres, que
l'implication de Cameroon Airlines dans ce dossier, en lieu et place de l’Etat,
ne saurait être de son fait. Pointant un doigt accusateur sur l'alors ministre
des Finances (Minfi), il affirme que c'est Michel Meva'a m'Eboutou qui a pris
la décision, posé et soutenu l'acte d'achat de l'aéronef qu'il «revendique et
assume».
Dans ses
dépositions devant le juge d'instruction en effet, le ci-devant Minfi avait
soutenu que c'est lui-même, sans l'avis du Sg/Pr Marafa «[qui] n'est intervenu
en aucune manière dans les transferts de fonds opérés», qui avait décidé du
paiement comptant de 29 millions de dollars directement à l'intermédiaire Gia
International Inc., plutôt qu'une lettre de crédit à paiement différé. C'est
dire si les avocats de l'ex-Minatd restent déterminés à se rappeler au bon
souvenir de Michel Meva'a m'Eboutou, qui aura cette fois du mal à éviter la
barre ou à feindre l'amnésie, comme il le fit quelquefois face aux magistrats.
De même, pendant
son procès, l'ex-Minatd avait soutenu que toutes les opérations d'achat du «BBJ
Il» s'étaient bien déroulées jusqu'à son départ de la présidence de la
République. Et donc que ce ne saurait être sous ses auspices que les
dysfonctionnements et tripatouillages seraient apparus. Le prisonnier et ses
conseils accusent les premiers juges d'avoir violé la loi, d'avoir
insuffisamment motivé leur décision et dénaturé les faits de la cause. Les
mêmes magistrats, estiment Marafa et les siens, se sont fondés sur une décision
de la chambre criminelle de la cour française de cassation datée d 1902, qui
traite de «l'excitation de minées à la débauche» plus tard requalifiée en
«incitation à la corruption de mineurs».
vendredi 15 novembre 2013
Marafa Watch “U.S. Friends of Marafa Committee”
“Marafa Watching” Expands on Capitol Hill in Washington, D.C.Last week a delegation of the “U.S. Friends of Marafa Committee” (USFMC), accompanied by the political prisoner’s lead defense counsel, Professor Ndiva Kofele-Kale, completed multiple days of meeting on Capitol Hill in Washington, D.C. with congressional committee and U.S. State Department experts on foreign and/or African affairs. The intense lobbying began with a stimulating, early morning interview aired live on D.C.’s Metro Watch at WPFW 89.3 [USFMC interview starts at approx. 15:00]. The ever dynamic host, Ms. Gloria Minott, spoke first with Professor Kofele-Kale and then with USFMC representative, attorney Zena Crenshaw-Logal.Professor Kofele-Kale introduced the WPFW audience to the ongoing legal difficulties and persecution of Minister Marafa. Attorney Crenshaw-Logal foreshadowed what the USFMC would be emphasizing before congressional committee representatives and top government officials. The USFMC subsequently hand-delivered to both U.S. Senate and House representatives as well as State Department representatives documents detailing the “overriding threat to ‘world stability, peace, and development’ presented by . . . two things: (a). the ongoing imprisonment by the Republic of Cameroon of our ally, former Secretary-General at the Presidency of Cameroon, Mr. Marafa Hamidou Yaya; and (b). the related attempts by top ranking Republic of Cameroon officials to mock American taxpayers and some of their prime public and private institutions for addressing international conflict − namely our U.S. State Department, the U.S. Embassy at Yaoundé, our federal court system, and some of our most influential major media outlets”.The USFMC delegation ended its Capitol Hill tour with assurances that Marafa has not been forgotten by U.S. leaders.
vendredi 1 novembre 2013
Marafa et son avocat indisponibles
Marafa Hamidou Yaya souhaite désormais répondre à la Justice en présence de ses deux avocats. Me Patrice Monthé, l'un d'eux, étant indisponible, il a pris le soin d'adresser au préalable une correspondance au greffe de la Cour suprême pour demander le renvoi de l'audience d'hier. Le parquet qui a reçu copie de cette lettre ne s'y est pas opposé. Car, ceci participe des droits de la défense. Le président de la collégialité a accordé le renvoi souhaité. La cause a été reportée au 26 novembre prochain. A cette date, Marafa qui ne s'est pas présenté à la Cour suprême hier, après avoir demandé une mainlevée de son mandat d'extraction ses déplacements nécessitant un important déploiement militaire et policier devrait en principe être extrait de prison à cette date-là.
Marafa Hamidou avait en effet introduit auprès de la section spécialisée de la Cour suprême, une demande de réduction de sa peine. Reconnu coupable du détournement en coaction de 24 milliards FCFA, l'ancien ministre d'Etat avait été condamné à 25 ans de prison par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Au moment où la décision de la Cour suprême est attendue, Marafa fait l'objet d'une «nouvelle» enquête dans la même affaire de l'avion présidentiel.
Marafa Hamidou avait en effet introduit auprès de la section spécialisée de la Cour suprême, une demande de réduction de sa peine. Reconnu coupable du détournement en coaction de 24 milliards FCFA, l'ancien ministre d'Etat avait été condamné à 25 ans de prison par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. Au moment où la décision de la Cour suprême est attendue, Marafa fait l'objet d'une «nouvelle» enquête dans la même affaire de l'avion présidentiel.
mercredi 30 octobre 2013
Marafa devant les juges
Attendu à la Cour suprême ce Mardi 29 Octobre dans le cadre d'une requête en appel, l'ancien Minatd va réclamer sa libération.
Marafa Hamidou Yaya, ancien Secrétaire général de la présidence de la République sera devant les juges de la Cour suprême ce jour afin de recevoir les conclusions du recours introduit il y a quelques semaines pour faire annuler sa condamnation à 25 ans de prison le 22 septembre 2012, dans le cadre du processus foireux d'acquisition d'un avion pour les déplacements du chef de l'Etat, appelé: Boeing Business Jet Il. Pour ses avocats, l'ancien bâtonnier, Patrice Monthé et Abdul Bagui, la haute cour doit revoir le verdict rendu il y a un an par le tribunal de grande instance du Mfoundi, qui l'avait reconnu «coupable de détournement en co¬action de la somme de 29 millions de dollars».
Dans le cadre de la même procédure, Yves Michel Fotso, avait écopé de la même peine de privation de liberté. L’Ex-directeur général de la Commercial Bank Cameroon (Cbc), Jean-Marie Chapuis et sa collaboratrice, Geneviève Sandjon, furent condamnés à 15 ans de prison chacun. L'adjointe de M. Chapuis, Julienne Komnang née Kounda, en avait pris pour 10 ans et tous ces accusés devront, collectivement, payer 21,3 milliards de FCFA au Trésor public.
La Cour suprême devra dans un premier temps statuer sur les questions de forme liées à la détention de Marafa Hamidou Yaya. Car ses avocats arguent qu'il n'a pas reçu de mandat de dépôt lorsqu'il a été arrête en avril 2012 et déféré à la prison centrale de Kondengui. Encore moins le jour de sa condamnation. Ce qui d'après des proches ne justifieraient pas sa détention. La jurisprudence Nana lsaï au début des années 200 pourrait être utilisée.
En plus de cet élément figure l'argument selon lequel la Cour suprême avait six mois à compter de septembre 2012 pour se prononcer sur le recours en appel introduit par ses avocats après la condamnation. Ce délai est dépassé depuis mars dernier.
S'agissant éventuellement du fond du dossier, l'ancien ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation pourrait remettre en cause sa condamnation pour «co-action intellectuelle». Nos sources précisent que ses avocats ont pu entrer en possession d'éléments qui leur permettront de démontrer que «la co-action intellectuelle» pour laquelle il a été condamné est inspiré d'une jurisprudence française concernant les mineurs. Elle ne saurait dès lors s'appliquer dans le cadre du détournement de deniers publics du dossier, les avocats de Marafa Hamidou Yaya vont tenter de démontrer que les dispositions des articles 74, 96 et 184 du code pénal, qui permettent d'étayer la «co-action de détournement de deniers publics» ne sont pas applicables à leur client. L'article 96 stipule qu'est «coauteur celui qui participe avec autrui et en accord avec lui à la commission d'une infraction». L'article 184 va plus loin en indiquant: «Quiconque par quelque moyen que ce soit obtient ou retient frauduleusement quelque bien que ce soit, mobilier, ou immobilier, appartenant, destiné ou confié à l'Etat fédéral ou fédéré, à une coopérative, collectivité, ou établissement, ou public ou soumis à la tutelle administrative de l'Etat ou dont l'Etat détient directement ou indirectement la majorité du capital, est puni».
Or d'après le mémoire de défense de ses avocats: «Marafa Hamidou Yaya n'a ni obtenu, ni retenu quelque somme provenant des 29 millions de dollars mis abusivement à sa charge par l'accusation. La somme de 29.000.000$, n'a été ni totalement ou en partie frauduleusement encaissée par quelque moyen que ce soit ou de quelque manière que ce soit par le concluant. Enfin, que l'accusation a changé sans cesse le fondement juridique et factuel de son action, en violation de la loi et de la jurisprudence, en qualifiant tantôt le concluant, de coauteur et tantôt de complice».
En conséquence, Patrice Monthé demandera «d'acquitter purement et simplement Marafa Hamidou Yaya des faits injustement mis à sa charge, ceux-ci n'étant absolument pas établis, en application des dispositions des articles 311 et 395 du code procédure pénale».
mardi 29 octobre 2013
Marafa entendu à la Police Judicaire
Marafa Hamidou Yaya s’est finalement présenté vendredi dans les locaux de la Police judiciaire. L’ex-ministre d’Etat a passé une heure environ à la PJ à Elig-Essono. Arrivé à 10h34 sous bonne escorte, Marafa Hamidou Yaya est reparti de la PJ à 11h38. Les raisons de sa présence n’ont pas été précisées aussi bien par la Police judiciaire qui mène l’enquête que par les conseils de l’ex-Minatd que nous avons essayé de joindre en vain.
En septembre 2012, Marafa Hamidou Yaya avait été condamné à 25 ans de prison dans l’affaire de l’acquisition de l’avion présidentiel. Il avait été reconnu coupable de détournement en coaction de la somme de 24 milliards F avec Yves Michel Fotso par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. L’ex-membre du gouvernement purge sa peine à la prison secondaire de Yaoundé. Selon nos informations, la nouvelle enquête ouverte contre l’ex-secrétaire général de la présidence de la République va se poursuivre cette fin de cette semaine à la Police judiciaire de Yaoundé.
Un juge luxembourgeois enquête sur Marafa
La Direction de la police judiciaire située au quartier Elig-Essono à Yaoundé n'a pas fait foule vendredi dernier. Pourtant, Marafa Hamidou Yaya y a été auditionné en fin de matinée ce jour-là. C'est que, quelques minutes avant l'arrivée du célèbre détenu de la prison secondaire de Yaoundé, logée dans l'enceinte du Secrétariat d'Etat à la Défense, gendarmes et policiers en civil mains armées de pistolets automatiques, sillonnaient les lieux, invitant les curieux à éviter les attroupements. Même les usagers ayant des problèmes à résoudre dans cette unité de la police nationale, ont été sommés de revenir après l'audition de Marafa Hamidou Yaya.
Assisté de ses avocats, le prisonnier qui purge actuellement une peine de 25 ans fermes de prison a répondu aux questions des fins limiers de la sous-direction des enquêtes économiques. Le Messager a appris de sources dignes de foi que les questions posées par les officiers de la PJ tournaient autour des transactions financières opérées dans le cadre de l'achat foireux du Bbj-II pour laquelle il a déjà été condamné. Le juge luxembourgeois a transmis à la justice camerounaise et la Pj un ensemble de préoccupations auxquelles, l'ex Ministre n'a pas jugé utile d'apporter autre réponse que celles consignées dans les plumitifs d'audience de l'affaire Bbj-II jugée en 2012 par le Tribunal de grande instance du Mfoundi. «Le Ministre d'Etat a renvoyé les enquêteurs aux minutes du procès Bbj-II, puisque ces questions lui ont déjà été posées par le Tribunal», a confié à votre journal, un de ses avocats.
Acharnement
D'autres informations concordantes font état de ce que la justice luxembourgeoise aurait ouvert son enquête à la suite d'une plainte de l'Etat du Cameroun qui estime que durant le processus de l'achat de l'avion présidentiel, de fortes sommes d'argent auraient pris la direction de comptes privés domiciliés au Luxembourg. Mais aussi qu'au cours du processus de privatisation de certaines entreprises publiques, les mêmes comptes auraient été alimentés par des fonds issus des micmacs conclus avec les repreneurs. Car dans sa posture de Secrétaire général de la présidence, Marafa aurait personnellement piloté les dossiers de privatisation de plusieurs de ces structures étatiques aujourd'hui aux mains de multinationales. Mais des proches de l'ex Ministre disent formellement qu'il n'a pas été entendu sur ce deuxième aspect concernant les privatisations.
Au demeurant, de nombreux observateurs de la scène politique nationale, restent toujours sceptiques sur la sincérité de cette nouvelle procédure. D'aucuns pensent que c'est une stratégie savamment montée par le régime, pour maintenir la pression psychologique sur le «prince» de Garoua. Une forme de rouleau compresseur...
samedi 19 octobre 2013
Biographie de l'Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Cameroun
M. Robert
P. Jackson est arrivé au Cameroun le 12 octobre 2010, après avoir prêté serment
le 17 septembre en qualité d’Ambassadeur des Etats-Unis auprès de la République
du Cameroun. Auparavant, M. Jackson a occupé les postes de
Ministre-Conseiller et Chargé d’Affaires par intérim à Rabat, au Maroc; Premier
Conseiller et Chargé d’Affaires par intérim à Dakar, au Sénégal; de Directeur
du Bureau de la promotion des droits de l’homme et de la démocratie au
Département d’Etat, à Washington; de Conseiller politique et économique à
l’Ambassade des Etats-Unis à Abidjan, en Côte d’Ivoire; de Conseiller politique
et militaire à Lisbonne, au Portugal; de Coordinateur du Programme de formation
des nouveaux diplomates et Directeur-adjoint de la Division de l’orientation au
Foreign Service Institute à Washington; de Responsable pour le Zimbabwe et le
Botswana; de Chef de la Section politique à Harare, au Zimbabwe; de Responsable
pour le Nigéria; de Conseiller politique et économique à Bujumbura, au Burundi;
et de Responsable consulaire et économique à Montréal, au Canada. M.
Jackson fait partie des cadres supérieurs de la diplomatie américaine depuis
décembre 2003. En 2006, il a reçu le Prix James A. Baker III-C. Howard
Wilkins, Jr., en qualité de Ministre-Conseiller exceptionnel. Il a
également reçu trois «Superior Honor Awards» et deux «Meritorious Honor Awards»
à titre individuel.
Avant d’intégrer la
diplomatie américaine en 1982, M. Jackson a enseigné le français et l’anglais
comme langues étrangères à l’Institut Montana de Zugerberg, en Suisse, après
avoir enseigné l’anglais et la civilisation américaine à l’Université de Clermont-Ferrand,
en France. M. Jackson est titulaire d’un Master en Stratégie de gestion
des ressources nationales de l’Université de la Défense Nationale; d’un Master
en Affaires Internationales de l’Université George Washington, à Washington, et
d’une Licence en Etudes gouvernementales et sciences juridiques du Bowdoin
College de Brunswick, dans le Maine. M. Jackson, qui est originaire du
Tennessee, est marié à Babette Pollard Jackson. Outre l’anglais, il parle
le français et le portugais.
Ses recommandations au
lendemain du scrutin présidentiel du 09 octobre 2011 au Cameroun:
« Ce que nous
recommandons : Beaucoup reste à faire pour améliorer la confiance du public
vis-à-vis du processus électoral. Je tiens à souligner que les recommandations
que nous formulons ci-dessous reprennent les idées précieuses et les analyses
d'autres diplomates et observateurs, d’ELECAM, des responsables publics et des
militants de la société civile. Tout d'abord, afin d'améliorer le climat
politique dans la perspective des prochaines échéances, il conviendra de
niveler le terrain de jeu afin que les candidats de l'opposition puissent
compétir à égalité de chance. Leur tâche est ardue: mener campagne en utilisant
les ressources et le temps limités, à l’effet de transformer leurs partis à
assise régionale en mouvements d’envergure nationale. Le scepticisme du public
ayant atteint un niveau très élevé, votre tâche est tout aussi ardue - trouver
les moyens de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance tout en
faisant appel à l'électorat camerounais pour une participation massive et plus
significative au processus électoral.
Afin de situer nos recommandations dans leur contexte, je note qu’à la veille
de l'élection présidentielle, la Mission américaine avait dépêché 14 équipes de
deux à quatre personnes chacune pour observer la campagne, les préparatifs, le
déroulement du scrutin et le comptage des voix - en d'autres termes, le
processus électoral. Des observateurs ont ainsi été déployés dans chacune des
dix régions du Cameroun, avec des équipes supplémentaires à Douala, la plus
grande ville du pays, et à Yaoundé, la capitale politique.
Le jour du scrutin, nos observateurs on noté des incohérences et des
irrégularités à tous les niveaux, ainsi que des difficultés techniques de la
part d'Elecam dans l'administration de l'élection. L’une des plus grandes
critiques a porté sur la façon dont les listes électorales ont été conçues et
gérées, laissant libre cours aux votes multiples. Le manque de formation des
agents électoraux et d'éducation des électeurs concernant comment voter était
apparent. L'encre qui devrait être utilisée pour empêcher les votes multiples
n'était pas indélébile, et les responsables des bureaux de vote ne prenaient
pas la peine de vérifier les pouces des électeurs pour s’assurer qu’ils ont été
trempés dans l'encre.
• Tout d’abord, les partis
d'opposition doivent s'unir s'ils veulent proposer une alternative crédible ;
• Elecam doit pouvoir démontrer son
indépendance ;
• Le Cameroun doit adopter un bulletin
de vote unique afin d’empêcher l’achat des voix, l’indisponibilité de certains
bulletins et la confusion concernant comment voter ;
• La campagne doit s’étendre sur plus
de deux semaines pour permettre à tous les partis de défendre leurs projets de
société ;
• Le parti au pouvoir doit s’abstenir
d’utiliser les ressources publiques pour faire campagne, car il se dote d’un
avantage injuste en utilisant l’argent du contribuable ;
• Le parti au pouvoir doit s’abstenir
de susciter la peur en faisant valoir que voter pour l’opposition entraînerait
l’instabilité et la guerre civile ;
• Le fichier électoral doit être
soigneusement nettoyé pour supprimer les noms des personnes décédées et les
doublons, et les listes doivent être publiées sur Internet pour permettre à
tout le monde de les consulter afin de faire corriger les erreurs ;
• Les cartes d’électeurs doivent être
biométriques et distribuées bien à l'avance
• Les bureaux de vote doivent être
mieux identifiés bien avant le jour du scrutin ;
• Les membres des bureaux de vote et
les scrutateurs doivent être mieux formés ;
• Les électeurs doivent être mieux
formés pour pouvoir comprendre le processus de vote ;
• Elecam doit accréditer tous les observateurs
;
• L’encre doit être indélébile,
correctement appliquée, et vérifié ;
• Le nombre de bureaux de vote doit
être réduit dans les zones urbaines et, pour permettre une meilleure couverture
par les responsables des bureaux de vote et les représentants des partis, il
faut instituer plus d’un isoloir par bureau de vote ;
• Des dispositions supplémentaires
doivent être prises pour les électeurs handicapés ;
• Les urnes doivent être scellées
correctement avant l’ouverture du scrutin ;
• Les bureaux de vote doivent fermer
suffisamment tôt pour permettre le dépouillement des voix avec la lumière du
jour ;
• La couverture médiatique, notamment
par la Crtv , doit être plus équitable ;
• Les jeunes doivent être encouragés
à voter puisque la plupart des électeurs à l'élection présidentielle semblait
être âgés de 40 ans et plus.»
Il conclut son récit par une citation du président Barack Obama lors de son
premier discours en Afrique sub-saharienne en tant que président des
tats-Unis : «Le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de
responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le
peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre
savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles
connexions avec le monde. Vous pouvez conquérir la maladie, mettre fin aux
conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout
cela. »
Lire l’intégralité de son rapport au lendemain de la présidentielle
camerounaise 2011 qui reste certainement valable au lendemain du double scrutin
législatif et municipal du 30 septembre 2013.
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