Marafa

Marafa
Le prisonnier légendaire du SED.

vendredi 22 mars 2013

POLITIQUES

LE RAPPORT DE MARAFA SUR LES ELECTIONS  PRÉSIDENTIELLES DE 2011


Dans un volumineux document dont Le Messager a pu avoir copie, l’ex-ministre de l’Administration territoriale critiquait vertement Elecam. Il revient également sur la faible participation à ces consultations, les budgets, le report des législatives et municipales, l’appel à la révolte lancé par les opposants.Encore dans sa posture de ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), Marafa Hamidou aujourd’hui déchu et emprisonné depuis le 17 avril 2012 jugeait le 23 novembre 2011, un mois environ après le scrutin, que l’élection présidentielle de cette année-là avait enregistré le taux d’abstention le plus élevé de l’histoire de la démocratie au Cameroun. « A 65,82% [la Présidentielle de 2011] a enregistré le taux de participation le plus faible enregistré à une élection présidentielle et même à toute autre élection», écrivait-il à Paul Biya. Dans ce document de 84 pages comportant 10 annexes, celui qui siégeait encore au gouvernement identifiait Elections Cameroon (Elecam) comme le principal responsable de nombreux couacs qui auront débouché sur une abstention sauvage et un nombre élevé de doublons.Dans le champ de sa critique envers l’organisme en charge de l’organisation des élections au Cameroun, on retrouve le procès de « la non maîtrise de l’opération d’inscription sur les listes électorales ; [de] la mauvaise distribution des cartes d’électeur ; [de]  l’inexpérience de l’organe et ses querelles intestines». Marafa jugeait la méthode utilisée par Elecam «pour les inscriptions sur les listes électorales confuse et ambigüe ». Car pour lui, il s’agissait « ni de révision, ni de la refonte mais les deux à la fois ». Ce qui a induit « l’explosion du fichier électoral et les inscriptions multiples ».En outre, l’ancien patron de la préfectorale estimait qu’Elecam a maille-à-partir avec le respect des délais légaux. Notamment ceux visant la limite entre la distribution des cartes et le jour du vote. De même, il épingle la concentration de la distribution des cartes d’électeur dans les seules antennes communales causant ainsi un engorgement préjudiciable à la distribution optimale desdites cartes. Marafa Hamidou Yaya regrettait également auprès de Paul Biya,
« une application logicielle de gestion des données électorales déficiente ; 
une absence de formation appropriée des agents électoraux ; une pléthore de candidatures ; 
une forte centralisation de la commande du matériel électoral » ;
 l’absence d’isoloirs standards dans de nombreux bureaux de vote etc.
Bicéphalisme à Elecam
Suite à ces griefs, l’ex-Minatd formulait à l’attention du président de la République, quelques recommandations tels que le réajustement institutionnel au sein d’Elecam, à travers notamment « une meilleure clarification des missions dévolues respectivement au Conseil électoral, au directeur général des élections et au président du conseil électoral (président d’Elecam) ». Il recommandait de mettre fin « au bicéphalisme au sein de l’organisme » et revoir les dispositions légales susceptibles de l’entretenir. Mieux, il estimait louable de renforcer les pouvoirs du Conseil électoral lui permettant d’assurer son indépendance vis-à-vis de toutes les forces centrifuges.En sus, Marafa recommandait également « l’adoption urgente d’un Code électoral » (ce qui a été fait en mars 2012); naturellement la modification de la loi créant Elecam. Mais aussi le bulletin unique, les candidatures indépendantes ou encore le financement des commissions mixtes électorales qui font partie des désidérata d’une partie de l’opposition. Dans la même veine, Marafa souhaitait un report des élections couplées municipales-législatives (ce qui a également été fait) mieux, il recommandait vivement que les deux scrutins ne soient plus jumelés.
Rancœur
A Elecam, on dit ne pas être surpris par la tonalité de ce rapport qui tranche nettement avec celui qu’avait édité l’organisme lui-même en 2012. « Le ministre Marafa n’a jamais voulu qu’on retire au Minatd l’organisation des élections au Cameroun. Il aura eu beaucoup de mal a transférer l’ancien fichier à Elecam ce qui a causé de gros retards dans le calendrier. Il n’était donc pas suffisamment lucide pour faire une appréciation sérieuse de l’organisation puisqu’ayant de la rancœur contre l’organe chargé d’organiser les élections», se défend une source proche du directeur général des élections joint au téléphone, laquelle  affirme par ailleurs qu’il n’y a rien de constructif dans ledit rapport.Au demeurant, le rapport Marafa qui date de plus d’un an renseigne sur le coût de l’organisation des élections au Cameroun. 3. 509.856.000 (trois milliards cinq cent neuf millions huit cent cinquante six mille Fcfa) : c’est l’enveloppe destinée au Minatd en 2011 dans le cadre de « l’accompagnement du processus afférant à l’élection présidentielle». Cette somme aura servi entre autres, à la couverture sécuritaire, l’appui des autorités administratives, l’acheminement du matériel électoral par les autorités administratives et la prise en charge des représentants de l’administration au sein des commissions électorales.A cela on peut ajouter, 690 millions consacrés au financement de la campagne des candidats, lesquels avaient reçu chacun 30 millions versés en deux tranches. Parmi ces candidats, figure bien le nom de Paul Biya qui a reçu sa première tranche de 15 millions le 29 septembre 2011. Le rapport ne revient pas sur la deuxième tranche. Le Minatd seul aura donc mobilisé plus de quatre milliards FCfa pour l’élection présidentielle. Si on ajoute à ce budget, celui d’Elecam qui représente environ le double, les dotations spéciales accordées à la Cour suprême, aux services de sécurité et à la presse, le coût global de la présidentielle peut être chiffrée à environ 18 milliards Fcfa pour un scrutin dont le vainqueur était connu à l’avance, pour paraphraser Marafa Hamidou Yaya dans son rapport.
Focal. Ce que Marafa disait des opposants
Dans le même rapport, celui qui était Minadt à la date de sa rédaction (le 23 novembre  2011) faisait des observations sur les candidats à la dernière présidentielle et quelques autres leaders. Ainsi jugeait-il le score réalisé par Jean Jacques Ekindi « insignifiant, en deçà de 1% en valeur relative. Ne correspondant pas à l’agitation déployée par ce candidat ». L’ex-Minatd jugeait que  Ayah Paul Abine et Kah Walla qui avaient respectivement reçu 0, 71% et 1,26 % des suffrages réalisaient des scores à la limite acceptables pour une première participation. Il confiait dans le même rapport que Garga Haman Adji, troisième après John Fru Ndi, tient son score et devance Adamou Ndam Njoya (4e) qui a vu fondre la moitié des suffrages obtenus en 2004.Quant à John Fru Ndi, Marafa constatait simplement qu’il enregistre « une nouvelle baisse ». L’ex Minatd étiquetait par ailleurs, Jean Michel Nintcheu, Anicet Ekanè, Jean Jacques Ekindi, Kah Walla et Mboua Massok comme «les principaux instigateurs de la déstabilisation postélectorale du régime» de Yaoundé à partir de la ville de Douala et même de toute la région du Littoral identifiées comme principaux foyers d’agitation. On peut donc comprendre pourquoi les manifestations organisées par ces derniers sont vigoureusement réprimées.
Extrait du rapport de l'élection présidentielle fait par Marafa Hamidou
Le 9 octobre 2011, des assaillants non identifiés et fortement armés ont attaqué, au petit matin, quatre (04) éléments de la Gendarmerie nationale à Isangele, dans la péninsule de Bakassi, département du Ndian, région du Sud-ouest, alors que ceux-ci étaient en mission commandée de sécurisation du processus électoral dans cette localité. Cet acte ignoble a conduit à l’assassinat de deux (02) gendarmes, en l’occurrence, l’adjudant-chef Bene Mballa et le gendarme Ayeke. Toutefois, cet incident n’a pas eu de conséquence majeure sur le déroulement du scrutin dans cette localité. Des dispositions ont été prises par les autorités administratives pour rassurer les populations et maintenir le moral du reste des forces.Dans le département du Koung-Khi, à Bandjoun, au cours des opérations de dépouillement du scrutin dans le bureau de vote de l’école publique de Keng, Dame Djemmo Virginie, âgée de 54 ans, a trouvé la mort de suite des coups d’un certain Wafo Nestor. Dans l’arrondissement de Guider, département du Mayo-Louti, région du Nord, quatre (04) membres de la commission locale de vote de la localité d’Ouro-Nyebe ont été agressés par des malfrats après la clôture du scrutin. Les urnes et le matériel électoral ont été récupérés en l’état. Toutefois, les victimes ont été grièvement blessées.
Incidents enregistrés après la tenue du scrutin
Après le scrutin, une coalition de sept (07) candidats, en l’occurrence Ni John Fru Ndi (Sdf), Adamou Ndam Njoya (Udc), Bernard Muna (Afp), Walla Edith Kabang (Cpp), Jean de Dieu Momo (Paddec), Albert Dzongang (La Dynamique) et Paul Ayah Abine (Pap), sans attendre l’issue du contentieux électoral porté devant la Cour suprême, se sont réunis le 15 octobre 2011, au siège de l’Union démocratique du Cameroun (Udc), pour réfuter à travers la déclaration dite de Yaoundé, les résultats du scrutin avant même leur publication par la Cour suprême siégeant comme Conseil constitutionnel, alléguant de la non-indépendance d’Elections Cameroon et des multiples irrégularités ayant entaché le scrutin qualifié de « mascarade électorale ».Les appels au soulèvement populaire et à l’annulation du scrutin lancés par ladite coalition ont systématiquement été ignorés et même fortement critiqués par l’ensemble des Camerounais. Cette attitude pleine de maturité et de sagesse, dont a fait preuve le peuple camerounais a fortement milité pour le respect des institutions et du maintien de la paix sociale après l’élection présidentielle du 09 octobre 2011.La région du Littoral, et la ville de Douala notamment sont apparues comme étant les principaux foyers d’agitation, fertiles en tractations et autres concertations visant la déstabilisation postélectorale du régime. Les principaux instigateurs provenaient à la fois des leaders politiques (à l’instar de Jean Michel Nintcheu, Anicet Ekane, Ekindi Jean-Jacques, Kah Walla) ou du milieu des activistes (Mboua Massok), voire d’une certaine société civile. Ces manœuvres insidieuses, qui faisaient partie d’une campagne visant à semer la confusion au sein de l’opinion publique, à plonger le public dans un sentiment de psychose, de l’imminence d’une révolution par la rue, n’ont pas prospéré.Face à ces menaces, le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités administratives a été maintenu jusqu’après la prestation de serment du président élu.Garga Haman Adji, troisième après Ni John Fru Ndi, tient son score devance M. Adamou Ndam Njoya (4ème), qui a vu fondre la moitié de suffrages obtenus en 2011. Ayah Paul Abine et Dame Walla Edith Kabang, qui, quant à eux, ont reçu respectivement 0,71% et 1,26% des suffrages, réalisent des scores à la limite acceptables pour une première participation. Par contre, le score réalisé par Jean Jacques Ekindi reste insignifiant, en deçà de 1% en valeur relative. Il ne correspond pas à l’agitation déployée par ce candidat.D’une manière générale et succincte, ces difficultés, se présentent comme suit :
Des difficultés rencontrées
La brillante élection du candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais ne faisait l’ombre d’aucun doute, avant le scrutin de référence. Elle est incontestable et traduit la volonté du peuple camerounais. L’enjeu de cette élection se trouvait davantage au niveau de son organisation. Hélas, des difficultés de tous ordres, parfois majeures, sont apparues dès l’amorce de la préparation de ce scrutin. Le présent rapport général est abondamment revenu sur certaines de ces difficultés.
Au plan juridique et institutionnel
- L’inexpérience d’Elections Cameroon et ses querelles intestines, ainsi que le refus de la direction générale des élections, de toute collaboration avec l’administration et notamment le Minatd ;
- Les réajustements récents du cadre juridique, plus ou moins maîtrisés, avec en outre l’introduction du vote des Camerounais établis ou résidant à l’étranger.
© Le Messager : Rodrigue N. TONGUE 

lundi 18 mars 2013

MARAFA HAMIDOU YAYA; L'ENNEMI INTIME DE PAUL BIYA

POLITIQUE
DES PROCÈS POLITIQUES MAQUILLÉS EN INFRACTIONS DE DROIT COMMUN : MARAFA HAMIDOU YAYA; L'ENNEMI INTIME DE PAUL BIYA
Incarcéré depuis le 16 avril 2012, après avoir déconseillé à Paul Biya de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2011, il demande aujourd’hui son départ.Si pour Paul Biya, il n’y a pas de prisonniers politiques au Cameroun, il y en a au moins un qui se considère comme un prisonnier politique: Marafa Hamidou Yaya. Depuis son incarcération à la prison centrale de Kondengui le 16 avril 2012 avant  d’être brutalement transféré à la prison du Secrétariat d’État à la défense, il a publié de nombreuses lettres mettant directement en cause le chef de l’État et son entourage qu’il accuse d’ailleurs d’avoir manœuvré pour accélérer son arrestation. Aujourd’hui, il ne cache plus son ambition présidentielle.Malgré sa condamnation à 25 ans de prison en compagnie de son ami, Yves Michel Fotso, Marafa Hamidou Yaya persiste à nier toute implication dans le détournement des 31 millions de dollars destinés à l’acquisition de l’avion présidentiel. Il s’est agi d’un procès politique. A-t-il décidé de l’acquisition d’un avion présidentiel ? Non, c’est Paul Biya. A-t-il choisi de négocier avec Gia ? Non, ce fut une décision collective, approuvée par l’État major particulier du chef de l’État. A-t-il ordonné le virement de 29 millions de dollars dans les comptes de Gia International sans garantie ? Non, il s’y était opposé.La décision de virer l’argent a été prise par Michel Meva’a m’Eboutou avec l’accord de Paul Biya. L’avion était-il prêt dans les ateliers de Boeing ? Oui, mais l’État du Cameroun a refusé de le réceptionner pour acquérir un 767. Tous ces éléments permettent aujourd’hui de douter de l’implication réelle de Marafa Hamidou Yaya dans le détournement de la somme de 31 millions de dollars destinés à l’acquisition de l’avion présidentiel, s’il y en a eu un. D’ailleurs, il n’a été condamné que comme « co-auteur intellectuel ». Rien de plus !Cet homme né en 1952 et qui a atteint les plus hautes sphères de l’État a aujourd’hui toutes les raisons de penser qu’il est un prisonnier politique. Il raconte d’ailleurs dans sa première lettre les discussions qu’il a eues avec l’actuel directeur du cabinet civil, Belinga Eboutou quelques mois avant l’élection présidentielle, sur son éventuelle candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2011, après qu’il ait clairement déconseillé  Paul Biya de prendre un nouveau mandat après son tripatouillage de la constitution en mars 2008. Son arrestation le 16 avril 2012 semble d’ailleurs avoir été largement préparée par deux personnes : Paul Biya et Amadou Ali.Au mois de février 2009, le juge d’instruction Pascal Magnaguemabé, en charge du dossier relatif à l’acquisition de l’avion présidentiel demande au Délégué général de la sûreté nationale, Emmanuel Edou de lui retirer son passeport. À cette date, il se trouvait à l’Est Cameroun dans le cadre d’une rencontre avec les Centrafricains sur la sécurité de la frontière et devait se rendre en Afrique du Sud pour assister à une conférence des ministres africains de l’Administration territoriale. Il a dû avoir recours à Paul Biya pour se voir restituer son passeport. En février 2010, selon un câble diplomatique publié par le site WikiLeaks, il a fait part de ses inquiétudes à Janet Garve  à Yaoundé en ces termes : « Je peux me retrouver en prison ! »
ArrestationAu gouvernail des manœuvres en vue de son arrestation, un homme : Amadou Ali. À l’époque, il est ministre de la Justice. Les deux hommes ne s’aiment pas. L’un est originaire de l’Extrême – Nord et l’autre du Nord. Ali n’est pas prêt à accepter qu’un ressortissant du Nord puisse à nouveau succéder à Paul Biya. Ahidjo était déjà ressortissant du Nord. D’ailleurs, lui-même aspire. Il utilise dès lors tous les moyens pour barrer la route à son adversaire. Y compris l’appareil judiciaire. Il a longtemps mis à cet effet à contribution son « fis » Pascal Magnaguemabé, qu’il a sorti de Mora où il était affecté  pour le tribunal de grande instance du Mfoundi. Yves Michel Fotso n’échappe pas à cette manœuvre.  Car le ministre de la Justice sait que les deux sont amis de près d’une vingtaine d’années.Pour pousser la bataille jusqu’à la mort, Amadou Ali envoie discrètement le 13 octobre 2008 le magistrat Salatou, inspecteur à la chancellerie d’origine Kanuri. Ce dernier doit rencontrer le juge fédéral suisse Edmond Ottinger, chargé de la procédure suisse pour laquelle Yves Michel Fotso est poursuivi, afin de l’influencer et le corrompre pour citer Marafa Hamidou Yaya dans son rapport. Cette démarche ne prospère pas.Cependant, les luttes et batailles d’Amadou Ali rejoindront également celles d’un homme : Paul Biya, président de la République depuis le 6 novembre 1982. Marafa Hamidou Yaya et lui ont travaillé ensemble pendant 17 ans. L’erreur fatale de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, c’est d’avoir tenté de s’émanciper. Allant jusqu’à s’opposer à un dernier mandat du chef de l’État. Jugeant que c’était « le mandat de trop ». Paul Biya n’aime pas cela et il ne le lui a certainement jamais pardonné. Et Marafa le sait bien.Il affirme clairement être « porteur d’un projet mettant en avant les exigences de paix et de justice permettant de bâtir une société de confiance ». C’est clair, il veut affronter le chef. Malgré sa condamnation à 25 ans de prison accompagnée de huit années de déchéances de droits civils, il ne compte pas lâcher. D’ailleurs, après avoir été reconnu coupable, il a lancé au président de la collégialité Gilbert Schlick, « un peu déçu, mais pas vaincu ». La lutte continue.
© germinalnewspaper.com : Arthur Minsk

mardi 26 février 2013

Les raisons camerounaises du kidnapping des otages français



Les raisons camerounaises du kidnapping des otages français

L’enlèvement cette semaine de sept (07) français dans la localité de
Dabanga devait faire réfléchir tous les camerounais, les amis du Cameroun en général, de l’Extrême-Nord en particulier pour les raisons suivantes.

En effet, cet évènement confirme s’il en est besoin un certain
nombre de choses déjà constatées :

 - La faillite de l’Etat camerounais ;
 - La corruption de la haute hiérarchie militaire et des Services de 
Renseignement ;
- Le mensonge et la cupidité des élites de l’Extrême-Nord ;

I - La faillite de l’Etat Camerounais

A - Un Chef de l’Etat hors du coup

Dans ce chapitre, il est à noter que depuis le début de cette affaire,
le Président de la République n’a fait aucune déclaration alors que François HOLLANDE  s’est adressé au peuple français deux fois pour leur donner des explications

Comme, le dit un proverbe batanga ‘‘ quand la tête du poisson
pourrit, le reste du corps est à jeter ’’.

Comment un Président de la République peut-il rester dans son
village natal tranquille alors qu’un évènement de cette envergure s’est passé dans son pays ? Sur quinze (15) otages français kidnappés en Afrique, Sept (07) l’ont été sur le territoire camerounais.

Pour moins que ça, nous avons vu des chefs d’Etat des nations plus
importantes annuler des voyages officiels à l’étranger pour rentrer chez eux afin de superviser de leurs bureaux les opérations de recherches de solutions.

Il faut que les camerounais se réveillent et se rendent à l’évidence :

A cause de son âge avancé et l’usure de trente (30) ans de
pouvoir Paul BIYA est hors du coup.

B - Un évènement prévisible

Ce qui s’est passé à Dabanga mardi dernier était prévisible mais les
responsables politiques, du commandement et militaires à cause de leur incompétence, leur irresponsabilité et de leur mépris de l’intérêt général n’ont rien fait pour l’éviter.

Depuis des mois, plusieurs actes ont été perpétrés dans le  
Logone et Chari et le Mayo-Sava par la secte ‘‘ Boko Haram’’ et ont été abondamment relatés par la presse :

L’assassinat de Kousséri, la découverte des armes à Limani, les
menaces qui ont fait fuir la famille du pasteur d’Amchidé et j’en passe.

Il y a un an,  une horde de ‘’Djandjawites soudanais’’ sont venus
massacrer plus de deux cents (200) éléphants dans le parc de BOUBA NDJIDDA. Ce n’est que près d’un mois, après que la presse internationale s’est saisie de l’affaire que BIYA de sa résidence dorée de Genève a donné des instructions au Ministre de la défense Edgar Alain MEBE NGO’O pour aller voir ce qui s’y passe. Ce dernier est venu parader une demie journée à Garoua et a eu peur de se rendre sur les lieux, même en hélicoptère malgré l’insistance du gouverneur de la Région du Nord de l’époque GAMBO HAMAN.

Tous ces signes précurseurs n’étaient-ils pas annonciateurs de ce
qui vient d’arriver à Dabanga ?

Quelles sont les mesures préventives qui ont été prises ?

Le président de la République indifférent et fatigué, le ministre de
la défense occupé entre les intrigues pour accéder au pouvoir et la gestion de ses affaires (hôtels, locations des véhicules ….e t c), celui de l’Administration Territoriale avec sa légendaire fainéantise, les gouverneurs du Nord et de l’Extrême-Nord intéressés uniquement par l’enrichissement, le salut ne devait venir que des militaires et des services de renseignement.

Malheureusement, ceux-ci aussi gangrenés par la corruption ont
longtemps mis sous le paillasson, le service du drapeau national.

II - La corruption  de la hiérarchie militaire et la
désorganisation des services de renseignement.

A-  Corruption de la hiérarchie militaire

La hiérarchie militaire camerounaise est de notoriété publique une
oligarchie corrompue et un nid d’affairistes qui à travers, leurs épouses et des prêtes noms de toutes sortes, passent leur temps à faire des marchés fictifs et des missions fictives pour lesquelles elles encaissent des frais mirobolants auprès du trésor public.

Tout cela était connu de tout le monde. Le trésorier payeur général
de Yaoundé, dernièrement aux arrêts qui s’est mis à table n’a fait que dire tout haut ce qui était chuchoté et connu de tout le monde.

L’activité de vente de carburant dans les soutes militaires est
florissante. Il n’est pas rare de voir dans l’Extrême-Nord les visiteurs civils alignés devant les pompes d’essence du BIR pour s’approvisionner en carburant.

A l’approche de chaque fête du 20 mai, les magasins des chaussures
et ceinturons militaires sont vidés au profit des sociétés de gardiennage qui attendent allégrement cette période de ‘‘soldes ’’ militaro-camerounaise pour faire de bonnes affaires. Que peut-on donc attendre de cette hiérarchie militaire qui se sucre et se comporte de cette manière ?

A cela il faut ajouter la désorganisation des services de
renseignement.

B - La désorganisation des services de renseignement.

La pléthore des services de renseignements ( DGRE, Commissariats
Centraux, Surveillance du Territoire, SEMIL, etc…) qui se font la guerre et surtout l’intrusion des personnes qui n’ont aucune qualification, ni formation, mais qui sont mieux rémunérés que les agents officiels ont complètement désorganisé la collecte des renseignements et leur exploitation.

En effet, une bande d’anciens policiers ( les DAHIROU
HAYATOU et sa bande, ADAMA DALIL etc…) au service de certains hommes politiques, inondent la Présidence de la République de faux renseignements ayant pour seul objectif, la mise en exergue de leur commanditaire.

Plus grave encore, une kyrielle de jeunes arrivistes (BIRI,
HALLILOU, FADA, TIDJANI, YAOUBA DOGBA etc..)  dont la plupart n’a jamais été sinon très peu à l’école, écument la DGRE et certains ministères dont l’Administration Territoriale et distillent à longueur de journée des BRQ et des rapports qui ne sont autres que des ragots de « chiens écrasés du quartier ».

Ils ont tous construit de belles villas et roulent dans des voitures qui
coûteraient des dizaines de millions de francs CFA sans exercer aucune activité professionnelle visible. Il parait que chaque bulletin de renseignement remis à la DGRE coûte six cent mille (600 000) FCFA.

Pendant ce temps, les services de renseignements officiels n’ont
presque pas de véhicule, ni carburant, ni frais de mission.

Ainsi va le renseignement au Cameroun de Paul BIYA.   

Les élites civiles sur lesquels s’appuie le régime RDPC et se repose
Monsieur BIYA ne font pas mieux à cause de leur égoïsme et de leur cupidité.

III - Le mensonge, la cupidité et l’égoïsme des  élites politiques
de l’Extrême-Nord

Les élites politiques de l’extrême-Nord, à l’exemple des Ministres
MOUSTAPHA et ALI, ou du Président CAVAYE YEGUIE DJIBRIL passent leur temps à mentir BIYA ne lui transmettant que les informations qu’il aime entendre.

Le premier, Président de l’ANDP est devenu l’agent de
renseignement en chef qui passe son temps à écrire sur les élites du grand-Nord, Issa TCHIROMA, griot national son ex compère de l’ANDP, empêtré dans le scandale du crash de la CAMAIR est prêt à tout pour sauver sa tête.

Quant aux deux derniers précités, champions de délivrance des
cartes nationales d’identités  aux nigérians (des milliers sont en souffrance au commissariat de Kolofata, les titulaires s’étant contentés des récépissés obtenus lors des dernières élections présidentielles) ils sont prêts à tout faire pour le RDPC espérant garder leurs strapontins.

Ils ont banalisé, déprécié et bradé la nationalité camerounaise aux
étrangers avec comme seule contrepartie l’inscription sur une liste électorale.

Comment la police et la gendarmerie peuvent elles interpeller ou
arrêter des suspects nigérians s’ils sont tous titulaires des cartes nationales d’identités  camerounaises ?

Mais, comme il faut à tout prix inscrire le maximum de personnes
sur les listes électorales, il faut délivrer le maximum de  cartes nationales d’identités  à n’importe qui et n’importe comment avec la bénédiction des élites RDPC qui cotisent des sommes d’argent colossales pour établir et distribuer des cartes nationales d’identités  et des cartes électorales afin d’être bien vus par le prince.
Bien que les fruits engrangés par le Grand-Nord après les élections
présidentielles ont été particulièrement maigres, le même cirque a recommencé. Les missions d’évaluation sillonnent et ressillonnent tous les coins et les recoins de nos villes et villages.

Je pose une question à Messieurs CAVAYE et ALI et j’exige la
réponse aux camerounais ?

Vous qui aviez kidnappé le jeune OUMATE qui s’était
autoproclamé rebelle pour le ramener à BIYA comme un trophée pour montrer votre loyauté et fidélité à BIYA à sa personne, aux institutions qu’il incarne. Comme vous aimez à la répéter dans vos discours.

Pourquoi ne lui ramenez vous pas les sept (07) otages français
qui sont au Nigéria ? Cela lui donnerait plus de poids et d’aura auprès de François HOLLANDE.

A moins que cette prise d’otages l’arrange lui qui a été si mal reçu
par le Président François HOLLANDE lors de son dernier voyage.

En tout cas, c’est mal barré pour lui. Mais, c’est la pire catastrophe
pour l’industrie touristique camerounaise en général et pour l’Extrême-Nord en particulier qui est l’une des plus belles régions touristiques du monde. Mais, cet aspect ne vous intéresse pas je le sais, encore moins le Ministre du Tourisme et des loisirs Monsieur BELLO BOUBA MAÏGARI.

Puisque  j’ai été un sous officier de police pendant vingt cinq ans et
ai travaillé sous vos ordres.


CHETIMA HILDOKO
Officier de police en repos mérité à Mora